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Copie n° 08 — Fulgence Agossavi

4 oct.
3 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 oct.

Par Fulgence Agossavi · Challenge de dissertation · Octobre 2026 · 562 mots


« Dans une société machiste pseudo-moderne, l’homme (avec petit h) est une victime de violence économique basée sur le genre qui s’ignore… »

Introduction


On attend de l'homme qu'il subvienne aux besoins des siens, qu'il paie, qu'il réussisse. S'il n'y arrive pas, on doute de sa valeur. Cette attente passe pour naturelle, et lui-même la trouve normale. Le sujet la remet en question. Une société machiste est une société qui place l'homme au-dessus de la femme. Elle est pseudo-moderne lorsqu'elle se dit égalitaire sans l'être vraiment. L'homme, avec un petit h, désigne ici l'individu de sexe masculin. La violence économique basée sur le genre est une contrainte ou une privation de ressources subie à cause de son sexe et du rôle qu'on lui assigne. Quant à l'expression « qui s'ignore », elle suppose que la victime ne se reconnaît pas comme telle. Une société qui avantage l'homme peut-elle lui faire du tort ? Et peut-on parler de victime quand l'intéressé ne s'en aperçoit pas ? L'homme supporte bien une charge économique que son rôle lui impose (I), mais le fait qu'il l'ignore rend discutable le mot de victime (II).


I. Une charge économique réelle


La société fait de l'homme le pourvoyeur par défaut. Logement, nourriture, scolarité des enfants, aide à la famille élargie : tout cela lui revient en priorité. Les cérémonies s'ajoutent à la liste, et la dot, au Bénin, en est l'exemple le plus courant. Celui qui ne suit pas s'entend dire qu'il n'est pas un vrai homme.


Cette charge pèse d'autant plus que la société se dit moderne. Les textes affirment l'égalité, à commencer par la Constitution et le Code des personnes et de la famille. Dans les faits, beaucoup de femmes travaillent et disposent de leur salaire, mais les attentes envers l'homme n'ont pas changé. On lui demande d'être l'égal de sa conjointe tout en restant le pourvoyeur d'hier.


II. Une victime qui s'ignore : le mot est-il juste ?


Ignorer son préjudice n'empêche pas d'en être victime. Quelqu'un qu'on escroque sans qu'il le sache est lésé quand même. Bourdieu a appelé cela la violence symbolique : une domination est la plus efficace quand celui qui la subit la croit normale. L'homme se tait parce que se plaindre reviendrait à avouer qu'il ne tient pas son rôle. Il pense s'acquitter d'un devoir d'honneur, sans voir qu'on lui impose une charge. Et ce silence est entretenu par tout le monde, hommes et femmes, familles et belles-familles.


Pourtant, il faut un tort injuste et non compensé pour parler de victime. L'homme tire de sa position l'autorité dans le foyer, le respect social et souvent l'avantage en matière d'héritage. Il est donc prisonnier d'un rôle dont il profite aussi. De plus, la violence économique de genre touche d'abord les femmes : travail domestique non payé, accès difficile à la terre et au crédit, veuves dépouillées par la belle-famille malgré les textes qui les protègent. Présenter l'homme comme la victime principale reviendrait à masquer ces réalités.


Conclusion


Le sujet dit donc quelque chose de vrai : le machisme coûte cher aux hommes, et beaucoup ne s'en rendent pas compte parce qu'ils y voient un honneur. Mais le mot victime va trop loin. L'homme garde un pouvoir que la femme n'a pas, et c'est elle qui paie le plus lourd. L'expression « qui s'ignore » montre surtout que ce système tient par l'habitude. Pour en sortir, il faut partager réellement les charges et cesser de juger un homme à ce qu'il rapporte, une femme à ce qu'elle dépend de lui.


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Copie reproduite dans son intégralité, sans correction de fond ni d’orthographe.


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Une analyse pertinente, équilibrée et très actuelle. Le sujet est abordé avec beaucoup de justesse et invite à une réflexion constructive sur les rapports entre les genres.

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Noté 4 étoiles sur 5.

Très intéressante analyse, quoiqu'elle me laisse un arrière goût, dans la mesure où votre conclusion pousse à croire que les prétendus avantages qu'il en tire, compense l'incidence de cette violence.

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Noté 5 étoiles sur 5.

Très bonne compréhension du sujet.

Et surtout belle problématique

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Noté 4 étoiles sur 5.

Très bonne compréhension du sujet et problématisation pertinente du paradoxe entre privilège masculin et contraintes liées aux normes de masculinité.👌🏾

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