Copie n° 20 — Marius Thomas Olalélé Yabi
Dernière mise à jour : 6 oct.
Par Marius Thomas Olalélé Yabi · Challenge de dissertation · Octobre 2026 · 1 017 mots
« Dans une société machiste pseudo-moderne, l’homme (avec petit h) est une victime de violence économique basée sur le genre qui s’ignore… »
SUJET : « Dans un pseudo-moderne, l'homme est victime de violence économique basée sur le genre qui s'ignore » - Dissertez.
INTRODUCTION
– L'histoire des violences basées sur le genre a longtemps été écrite au féminin. Cette lecture, historiquement justifiée par la domination patriarcale, a trouvé une traduction juridique dans la plupart des législations, dont la loi n°2011-26 du 09 janvier 2012 portant prévention et répression des violences faites aux femmes en République du Bénin.
– Cependant, l'évolution de nos sociétés vers une modernité inachevée fait émerger un phénomène paradoxal. La société reste machiste dans ses attentes envers l'homme, mais devient moderne dans la revendication des droits de la femme.
– Dès lors, il convient de définir les termes du sujet :
– Société machiste pseudo-moderne : Société qui conserve l'obligation traditionnelle de l'homme-pourvoyeur tout en lui retirant les privilèges de l'autorité traditionnelle.
– Violence économique basée sur le genre : Selon l'ONU, tout acte visant à priver une personne de son autonomie économique en raison de son genre.
– Qui s'ignore : Phénomène non reconnu par le droit positif et non pris en charge par les politiques publiques.
– Problématique : Dans quelle mesure la structure machiste pseudo-moderne produit-elle une violence économique à l'encontre de l'homme tout en organisant son invisibilité juridique et politique ?
– Pour répondre à cette interrogation, nous analyserons d'abord la réalité de cette violence économique structurée (I), avant de démontrer qu'elle constitue un angle mort du droit et de la science politique (II).
I. LA REALITE D'UNE VIOLENCE ECONOMIQUE STRUCTUREE CONTRE L'HOMME
A. Les manifestations concrètes de la violence économique genrée
1. L'injonction sociale du pourvoyeur exclusif et illimité
– Le fondement coutumier : L'homme doit assurer le loyer, la popote, la scolarité, la dot, les cérémonies de la belle-famille.
– La pression sociale comme moyen de contrainte : Le non-paiement est sanctionné par la dévirilisation, l'humiliation publique, le qualificatif de "fou" ou d'"irresponsable".
– Le fondement juridique détourné : L'article 214 du Code des Personnes et de la Famille dispose que les époux contribuent aux charges du ménage à proportion de leurs facultés. Dans la pratique machiste, cette contribution devient exclusive à l'homme.
2. L'exploitation économique au sein du couple moderne
– Le paradoxe de la pseudo-modernité : La femme revendique à juste titre son autonomie financière, mais maintient l'exigence que le revenu de l'homme soit le revenu du ménage, tandis que son propre revenu reste personnel.
– Les techniques de violence :
– Le chantage affectif et sexuel contre de l'argent.
– La surconsommation imposée : l'homme doit financer un train de vie au-delà de ses moyens pour prouver sa virilité.
– L'endettement forcé : recours aux crédits, aux tontines pour satisfaire les exigences économiques genrées.
B. Le caractère pseudo-moderne comme facteur aggravant de la violence
1. La théorie du patriarcat sans dividendes
– Selon la grille d'analyse de la science politique, la société traditionnelle offrait un contrat clair : l'homme pourvoit, en échange il détient l'autorité du chef de famille (art. 155 CPF ancien). – La société pseudo-moderne rompt ce contrat : l'homme conserve l'obligation de pourvoir, mais perd l'autorité et la reconnaissance. Il paie les coûts du patriarcat sans en percevoir les bénéfices symboliques.
2. La marchandisation de la virilité
– En science politique, la valeur sociale de l'homme est désormais indexée sur sa seule capacité financière.
– Conséquences socio-politiques :
– Surendettement masculin et précarisation.
– Fuite des responsabilités familiales ou dépression.
– Alimente l'exode rural et l'économie informelle pour chercher de l'argent à tout prix. II. UNE VICTIMISATION ORGANISEE QUI S'IGNORE : L'ANGLE MORT JURIDIQUE ET POLITIQUE
A. L'invisibilité juridique de l'homme victime
1. Un droit positif à sens unique dans sa pratique
– La loi n°2011-26 sur les VBG : Bien que neutre dans sa rédaction, son application par la police et les tribunaux est genrée. La victime est présumée être une femme.
– L'obstacle procédural : Un homme qui se présente au commissariat pour violence économique de sa conjointe est rarement écouté, sa plainte n'est pas enregistrée.
– Conséquence : Vide jurisprudentiel. Sans jurisprudence et sans statistiques, le phénomène n'existe pas juridiquement.
2. L'absence de protection légale du pourvoyeur
– Aucun encadrement légal du montant de la dot, qui devient une transaction économique violente pour l'homme.
– En cas de divorce, l'article 416 et suivants du CPF sur la pension alimentaire sont souvent appliqués de manière disproportionnée, spoliant l'homme de ses biens au nom de l'intérêt de l'enfant.
– Violation du principe constitutionnel : L'article 26 de la Constitution du 11 décembre 1990 dispose que "l'homme et la femme sont égaux en droit". L'égalité doit être bidirectionnelle. B. L'invisibilité politique de la violence masculine
1. Une politique du genre déséquilibrée
– Les politiques publiques de genre au Bénin sont largement financées par les partenaires techniques et financiers (ONU Femmes, Banque Mondiale) dont le cahier des charges cible exclusivement l'autonomisation de la femme.
– En science politique, aborder la violence subie par les hommes est perçu comme un discours antiféministe, donc politiquement incorrect et non porteur. Aucun acteur politique ne veut porter ce combat.
2. L'intérêt systémique de cette ignorance
– Le système capitaliste et l'Etat ont un intérêt objectif à maintenir l'homme dans ce rôle de producteur économique infini et non plaintif.
– Reconnaître cette violence obligerait l'Etat à créer des mécanismes de protection sociale pour les hommes surendettés et à repenser le partage réel des charges du ménage.
CONCLUSION
– En définitive, il apparaît que la société machiste pseudo-moderne est bien productrice d'une violence économique réelle et structurelle à l'encontre de l'homme, fondée sur l'injonction du pourvoyeur exclusif.
– Cependant, cette violence s'ignore car elle est rendue invisible par un système juridique qui ne la pense pas et par un système politique qui n'a aucun intérêt à la reconnaître.
– La solution ne réside pas dans une concurrence des victimisations, mais dans le passage d'un droit de protection catégorielle à un droit de protection universelle contre les violences basées sur le genre, conformément au principe d'égalité de l'article 26 de la Constitution.
– Ouverture : La vraie modernité et l'égalité substantielle ne seront atteintes que lorsque la société cessera de mesurer la virilité d'un homme à l'épaisseur de son portefeuille.
Bibliographie indicative
– BOURDIEU P., La domination masculine, Seuil, 1998.
– Loi n°2011-26 du 09 janvier 2012, Bénin.
– Constitution du Bénin du 11 décembre 1990, Art.26.
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Copie reproduite dans son intégralité, sans correction de fond ni d’orthographe.
















































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